L’origine médiévale secrète du mot « freelance » (2/4)

La semaine dernière, nous apprenions que les freelances étaient peut-être les dignes successeur.ice.s des chevaliers.

 

Le mot freelance vient de l’anglais free lance, littéralement « lance libre ». À l’origine, il désignait des combattants médiévaux (ce qui ne veut pas dire que le mot en lui-même date du Moyen-Âge), souvent des mercenaires, qui proposaient leurs services sans être liés à un seul seigneur. Ils partaient là où les besoins se faisaient sentir, avec leur talent, leur équipement et leur réputation (tiens, ça me rappelle quelqu’un).

 

L’expression s’est diffusée au XIXe siècle, notamment grâce à Walter Scott dans Ivanhoé. Peu à peu, la figure du combattant indépendant a quitté le champ de bataille pour entrer dans le monde du travail.

 

Du chevalier indépendant au professionnel autonome

 

Dans le paragraphe suivant, je vais me permettre de reprendre Yannick Fondeur dans son rapport de recherche Les freelances du numérique au prisme de “l’économie collaborative”.

 

Selon Google Books Ngram Viewer, l’orthographe du XIXe siècle, free lance, décline dès le milieu du XXe siècle et a pratiquement disparu aujourd’hui. Dès les années 1920, elle est remplacée par free-lance (avec trait d’union), qui étend le sens : on passe des mercenaires médiévaux à un « électron libre » ou « franc-tireur » moderne.

À partir de 1960, la dimension devient essentiellement professionnelle, sans connotation guerrière, avec l’adjectif freelance (sans trait d’union), accolé à des métiers de l’image et de l’écrit (photographie, journalisme, etc.).

L’apogée de cette forme se situe au début des années 2000 dans les sources imprimées. Le nom freelancer, apparu dans les années 1970, continue de progresser : il exprime la montée d’un groupe social traversant plusieurs champs professionnels.

 

Fin de la reprise, et de l’origine anglaise.

 

Et le français alors ? On le verra la semaine prochaine !

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